De Skhodra à Tirana (Albanie)

Dimanche 10 décembre 2017, ciel bleu, pas de vent, température fraîche mais agréable.

Ce matin, nous nous préparons tranquillement à quitter l’auberge de Shkodra. A partir d’aujourd’hui, nous avons tout notre temps. Nous devons recevoir des colis à Tirana, mais ça ne sert à rien d’arriver trop tôt si nous ne voulons pas les attendre. Nous laissons donc partir tous nos copains cyclistes français et belges qui ont pour objectif de filer vers la Grèce, et enfourchons nos vélos pour découvrir les petites routes albanaises. Le sol est trempé par la pluie d’hier, mais le soleil brille et il fait encore assez doux.

En quelques tours de pédales, je me retrouve propulsé 30 ans plus tôt lors de mon enfance au Maroc. Je retrouve les images, les couleurs, les paysages, les odeurs et les bruits de cette ambiance.

Ici tout le monde , nous klaxonne, nous encourage, nous félicite. Ca nous donne de la force pour avancer.

Ce dimanche, nous ne faisons pas beaucoup de kilomètres, et rapidement, nous cherchons un lieu où planter la tente. Il faut dire que le jour diminue encore et qu’à partir de 16h , il fait nuit. A un moment, au milieu d’une descente, j’aperçois le lieu idéal sur la gauche. Loan qui est comme souvent dans ses rêves, ne me voit pas s’arrêter et me fonce dedans à tout allure. Il perd ses sacoches et s’écrase par terre un peu plus loin. Heureusement, plus de peur que de mal. Un beau pansement au genoux et ça va mieux. Pendant ce temps, un jeune garçon vient nous voir avec son vélo. Il a 11 ans et se débrouille déjà bien en anglais. 10 minutes plus tard, son père vient nous rejoindre et nous invite à venir dormir chez lui. Il nous fait comprendre qu’il fait bien trop froid pour les enfants. Nous descendons donc quelques mètres plus bas pour rejoindre leur maison. Nous sommes à la campagne et ils vivent quasiment en autarcie. Ils ont leur vache pour le lait et le fromage, les montons, les cochons, les poules et un grand potager. Les deux grandes filles parlent très bien anglais. L’une est en première et l’autre a eu son BAC et s’occupe maintenant avec sa mère de la maison. La maman ne parle que albanais et le père italien.

Nous échangeons comme nous pouvons dans une sorte d’anglo-italo-fronco-albanais ! Enfin on arrive à communiquer tous ensemble et se faire comprendre. Leur maison est assez rudimentaire : un grand couloir, un salon cuisine avec la cuisinière à bois, une chambre pour les enfants, une pour les parents et une salle de bain. Pour le repas, nous sommes gatés et tout vient de la maison : salade, tomates, œufs durs, potatoes, mouton, köfte (saucisses de viande hâchée), olive, fromage type feta et vin. Un vrai festin ! Ils sont adorables et nous passons la soirée à rigoler en buvant du vin. Nous nous retrouvons le soir dans le la chambre que les parents nous ont laissés.

Le lendemain matin, nous les quittons à l’heure d’aller à l’école. Nous, autant qu’eux, sommes ravis de cette belle rencontre et nous repartons le sourire aux lèvres. Une famille que nous n’oublieronss pas ! Par contre, nous ne ferons pas ça tout les soirs, car c’est assez fatiguant.

La journée qui suit s’enchaîne entre petites côtes et descentes, ville et campagne. L’après midi, nous rejoignons la plaine. Les constructions s’enchaînent le long de la route et les espaces de nature se font de plus en plus rare. C’est un peu compliqué le soir pour planter la tente. Nous continuons jusqu’à trouver un petit coin qui à l’air assez agréable et discret pour dormir. Ca s’avère être comme beaucoup d’endroit en Albanie, une décharge à ciel ouvert. Ca pue l’oeuf pourri à plein nez, mais nous ferons avec pour ce soir. Un peu d’huile essentielle dans la tente fera l’affaire. Le lendemain, nous nous retrouvons rapidement bloqués : le prochain pont s’est écroulé lors des inondations des dernières semaines. Nous sommes obligés de prendre la route principale qui s’avère être une autoroute. Bon autoroute en Albanie, n’a pas vraiment la même définition qu’ en France. Ca ressemble à une autoroute, sauf que la bande d’arrêt d’urgence sert à tous véhicules qui n’est ni une voiture ni un camion donc vélos, mobylettes, charrettes, ânes ou tous types de triporteur bizarre… Toujours est-il que nous ne traînons pas et fonçons tout droit vers Tirana. Plus nous avançons et plus le trafic est dense et grouille comme une fourmilière. Ici deux règles sont essentielles : regarder devant soi et pas sur les côtés (sinon on a n’avance plus) et jouer du klaxonne sans arrêt pour se faire repérer ! Les garçons se transforment en Ninja à vélo pour cette occasion ! Enfin ça se fait plutôt bien même si c’est quand même un peu stressant. En s’approchant du centre ville, nous avons la bonne surprise de trouver de belles pistes cyclables sur notre route.

Dans l’après midi du mardi, nous arrivons à l’auberge de Tirana avec quelques jours d’avance. Nous retrouvons sur place Julie, Timothée et leur chien Lupo qui attendent depuis quelques jours déjà un colis. Ca ne nous rassure pas vraiment. Finalement nous resterons presque une semaine à Tirana. Sali, un ami de mon père, nous fait un peu découvrir la ville et s’occupe de tous nous colis. C’est une vrai chance car ça à l’air très compliqué. Les colis n’arrivent jamais à la même poste, des fois il faut payer, des fois non, enfin un vrai bazar. Encore un très très grand merci à toi Sali ! Il nous fait même rencontrer l’adjoint au maire de Tirana. Le dimanche, c’est un journaliste qui vient nous voir pour faire un article sur nous. C’est rigolo, ici on est un peu des stars.

Au centre ville de Tirana, c’est le dépaysement total pour nous. Nous nous trouvons au centre de n’importe quelle capitale européenne avec sa grande place, son marché de Noël, tous les grands magasins dans de beaux bâtiments tous vitrés et de belles Mercedes ou BMW toutes neuves. Ca fait d’autant plus bizarre qu’à deux pas de là des ânes tirent des charrettes, les feux dans des tonneaux servent à se réchauffer et l’appel à la prière se fait entendre plusieurs fois par jour. C’est le décalage des cultures, des ultra-riches et de la pauvreté. C’est l’Albanie !

Après quelques jours à l’auberge et au centre d’une grande ville, nous avons hâte de repartir. De reprendre nos vélo et d’aller découvrir d’autres horizons. Nous repartons chargés de pleins de douceurs, de belles pensées et de pleins de chocolats pour Noël. Loan et Milio emportent avec eux les photos et les dessins de leurs maîtresses et de leurs copains d’école. Encore mille merci pour tous ces beaux colis et messages, ça a bien remplis nos sacoches et nos cœurs. Nous devons maintenant rejoindre Julie et Timothée nos amis cyclistes français pour faire un bout de route ensemble jusqu’à Noël !

7 commentaires

  1. Coucou
    Encore une étape sympa,pleine de découverte de culture et de belles personnes. Heureusement que loan n’a pas été trop blessé avec sa chute.
    Gros bisous bonne fin d’année à l’année prochaine

  2. Noël est passé…je viens à la fois de lire votre article et celui de Paris Normandie qui vous raconte et raconte votre noël…Joyeux noël en retard…et toujours un gd merci de.nous permettre de vivre un peu votre aventure et de découvrir les pays et les magnifiques rencontres humaines que vs faites.
    Prenez bien soin de vous…et bonne fin d’année…

  3. Coucou 👋 les copains 👬, toujours des belles photos et un beau récit. Noël est passé et j’ai été gâté… J’espère que vous aussi malgré que vous êtes en vélo. Bonne route vers la Grèce 🇬🇷. Plein de bisous… Aymeric qui est malade. Bisous bisous bisous bisous 🎻 🎷

  4. Que de belles rencontres…bienvenue à Sali !Ça sert les amis des parents…ça rassure..et j’aime bien vous savoir en compagnie d’autres aventuriers de la route…la baroudeur rêveur à les genoux solides! Bonne route vers la Grèce et bisous de noël à vous 4

  5. bonjour
    après avoir rencontré vos parents qui m’ont expliqué fièrement votre aventure, j’ai été curieuse de voir votre site afin de voir votre expérience avec vos deux enfants, je vous dis un grand MERCI et un grand BRAVO à vous quatre ainsi qu’à vos deux jeunes enfants. Je ne manquerai plus la suite des aventures….
    bonne route et très belles fêtes de fin d’année, nous vous embrassons
    Gloria et angélica

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