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De Dubrovnik à Shkodra (Monténégro-Albanie)

Ce matin, lundi 4 décembre, la pluie a enfin cessé et le soleil a remplacé les gros nuages gris. Nous pouvons enfin quitter le gîte où nous sommes depuis quelques jours. Le temps est frais, mais c’est agréable de reprendre les vélos après quelques jours d’abstinence. Continuer la lecture

De Split à Dubrovnik (Croatie-Bosnie)

Depuis quelques jours, nous sommes au chaud et au sec. Ca fait du bien car ça n’a pas été vraiment le cas de ces derniers jours.

Vendredi 24 novembre, nous quittons nos amis de bonne heure le matin. Nous nous recroiserons sûrement mais nous ne savons pas quand. C’est ça aussi le voyage. La matinée se passe bien. Nous longeons la côte en surplombant la mer et les villages de pêcheurs en contrebas. Afin d’éviter un grand détour, nous suivons les conseils du GPS qui nous propose un raccourci. Quelques centaines de mètres plus loin, nous nous retrouvons face à une côte à 20% pour pouvoir rejoindre la route que l’on vient de quitter. On se dit que comme raccourci on a connu mieux ! Une autre fois, c’est pire! A la fin du « raccourci », la route le long de la mer se termine en cul de sac. La route à atteindre est 30 m au dessus de nous. Donc demi-tour ! Finalement, nous ne quittons plus trop la grande route, c’est plus sur ! Le soir, après 46 km, nous nous installons sur la plage du petit village de Tucepi. J’en profite pour changer mon câble de dérailleur qui a lâché quelques kilomètres plus tôt. Le soir, nous avons le droit à un magnifique coucher de soleil sur la mer adriatique. Il fait doux, c’est calme, c’est agréable !

Ce matin, il fait gris. Nous regardons la météo sur le téléphone. Ils annoncent de la pluie et du vent pour ce soir et demain. Nous décidons de continuer quand même, d’acheter une bâche ou de trouver un abri pour ce soir. Ca monte bien aujourd’hui. Nous passons plusieurs cols avant de quitter la côte. L’après-midi, nous sommes en mode « trouver un abri » ou du moins une sorte de toit. En haut du dernier col, nous trouvons une petite échoppe abandonnée. En se serrant, on pourrait tous tenir à l’abri, mais j’espère trouver mieux. Quelques minutes après, une femme s’arrête avec ses deux enfants pour prendre en photo les garçons et nous poser des questions. Elle nous demande si nous dormons sous la tente. Nous lui répondons « oui » dans l’espoir qu’elle nous invite. Elle acquiesce d’un air compréhensif, mais remonte dans sa voiture et poursuit sa route ! Première tentative ratée. On décide donc de continuer. Nous descendons de notre montagne pour atterrir dans la plaine. Nous traversons quelques villages et la ville de Ploce. C’est vraiment bizarre ici ! On croise des bâtiments en béton noir qui ont l’air abandonnés voir à moitié détruits. Mais non, il y a du monde qui habite ici. Tout est à moitié fini, décrépi ou cassé. Un peu plus loin, de grosses autoroutes toutes neuves et complètement vides passent au dessus des habitations et de la plaine marécageuse. En plus, nous arrivons à la tombée de la nuit avec un ciel gris très bas. Nous traversons la ville dans cette ambiance glauque et brumeuse. Nous croisons enfin un magasin avec dans sa vitrine de belles et grandes bâches… mais c’est fermé. Nous décidons de demander aux habitants une chambre où dormir. La seule chose qu’on nous propose est une chambre à plusieurs kilomètres de là pour 50€ la nuit. Tant pis, nous trouverons autre chose ! Nous passons un grand pont avant de nous arrêter dans un champs de mandariniers entourés de déchets (mais pas de bâche). Il fait nuit noire et les enfants sont crevés. Je décide de trouver un AirBnb pour 2 nuits car la prévision de passer deux jours mouillés ne m’enchante pas. Au bout d’un certain temps, je dégotte un gîte pas trop loin. Une fois le gîte réservé et payé nous sommes contents, rassurés et prêt à rejoindre le logement. 2 minutes plus tard, nous recevons un message comme quoi le logement n’est pas à louer. Super, elle nous propose en compensation un hôtel en centre ville beaucoup plus cher ! Tant pis, nous abandonnons ces histoires de gîte, nous nous débrouillerons tous seuls. Nous reprenons la route dans la nuit noire. Quelques kilomètres plus tard, nous trouvons enfin un lieu pour la nuit. C’est l’avancée d’un bar fermé avec la lumière et l’électricité. Notre joie ne dure pas longtemps. Un homme en BMW nous dit qu’il faut partir rapidement d’ici, c’est privé et la police va venir. On essaie de lui expliquer qu’il fait nuit, que les enfants sont crevés et qu’il va pleuvoir. Il nous dit qu’il comprend mais qu’on ne peut pas rester plus d’un quart d’heure. Super ! Nous repartons avec nos lampes et nos frontales sur la tête. Par chance, Mélanie a repéré un pont. Il y a largement la place dessous pour mettre la tente. Ca sera très bien pour la nuit. Loan et Milio sont heureux de se retrouver au chaud dans leur « maison ». Une fois de plus, nous sommes étonnés par leur capacité à encaisser les événements sans se plaindre ! Ils auront quand même fait 60 km, 700m de dénivelé avec du vent et de la pluie en étant sur la route 11h dans la journée, en finissant une nouvelle fois en pleine nuit.

Finalement, il n’y a que 3 gouttes pendant la nuit, je me suis stressé pour rien. Ca m’apprendra à regarder la météo heure par heure au lieu de regarder le ciel. Nous passons finalement une très bonne nuit. Le lendemain matin, nous trouvons un gîte pour dans 3 jours, après Dubrovnik, afin de se poser un peu. Nous avons vu large, nous avons donc notre temps. Nous repartons tranquillement du campement. Au bout de 3 kilomètres la pluie se met à tomber et un fort vent se lève en plein dans le nez. Par chance, nous trouvons un grand observatoire tout neuf où nous pouvons nous abriter. Nous attendons une partie de la journée que le vent se calme. Ca fait du bien finalement de prendre son temps et de vivre avec ce qui se présente. Dans l’après midi, le vent tourne. Nous reprenons nos vélos pour aller chercher un campement. Nous trouvons un petit coin qui surplombe la vallée après une longue journée de … 13 km. Le tonnerre gronde autour de nous, mais passe finalement à côté.

Lundi 27 novembre, après une belle côte avec heureusement un fort vent dans le dos, nous quittons la Croatie pour la Bosnie Herzegovine. Ca ne durera pas très longtemps. Nous traversons la ville de Neum entièrement désertée par les touristes et retournons 10 km plus loin en Croatie. Cette partie de côte est toujours aussi belle mais vraiment désertique. Le soir nous trouvons un superbe campement. Nous faisons un petit feu, car les températures ont bien chuté, sur lequel nous faisons griller des petites tranches de jambon. Les garçons sont ravis. Ils chantent et dansent comme les indiens autour du feu. Les journées s’enchaînent tranquillement jusqu’à Dubrovnik. C’est vallonné mais agréable avec un beau ciel bleu. Nous croisons sur la route Ségolène, une cycliste française qui revient d’un tour en Europe de l’Est. Elle nous fait des éloges du Monténégro et de l’Albanie. Du coup, on a hâte d’y être.

Mercredi, nous passons au dessus de la ville de Dubrovnik. Le vent s’est levé depuis le matin et quelques gouttes commencent à tomber. Nous voulions visiter la vieille ville (où des scène de « Game of Throne » ont été tournées) mais étant à 200m d’altitude juste au dessus, nous ne sommes pas trop tenter pour descendre et remonter ensuite. Nous verrons plus tard ! La route continue de grimper au dessus de la mer. C’est très désagréable et assez stressant. Nous sommes le long de la rambarde de sécurité avec les voitures et les bus qui nous frôlent de l’autre côté en nous klaxonnant. Plusieurs fois, les rafales de vent nous plaquent contre la rambarde et font tomber Loan au milieu de la route. Il finit en larmes en haut de la côte. Finalement, quelques kilomètres plus loin, la route est en travaux et nous redoublons toutes les voitures et bus qui nous ont klaxonné. C’est notre petite revanche ! L’après midi, nous arrivons enfin au gîte, dans un bel appartement tout propre avec vue sur la mer. Ca fait du bien de se poser au chaud et de se laver car nous commencions à ne pas sentir très bon.

Le soir l’orage gronde et la pluie bât son plein. Nous sommes content d’être à l’abri. Nous envoyons un message à nos nouveaux copains cyclistes savoir s’ils ne galèrent pas trop. On est prêt de la route principale et nous leur proposons de s’arrêter boire un café si ils passent par là. Après quelques emails, Julie et Timothée passent le lendemain pour manger. Il pleut des cordes et après leur nuit passé sur la plage au milieu de l’orage, ils sont heureux d’être au chaud. Finalement, on se sert un peu et on peut passer une bonne soirée ensemble. Nous profitons du four pour se faire un bon repas : gratin de légumes et poulet rôti ! Ca change des soupes avec des pâtes ! Le lendemain, ils repartent dans la mâtiné en espérant que le temps soit plus clément. Nous restons au chaud jusqu’au dimanche matin. Nous sommes encore un peu fatigués, mais nous sommes tout propre et envieux de découvrir un nouveau pays, le Monténégro !