De Dubrovnik à Shkodra (Monténégro-Albanie)

Ce matin, lundi 4 décembre, la pluie a enfin cessé et le soleil a remplacé les gros nuages gris. Nous pouvons enfin quitter le gîte où nous sommes depuis quelques jours. Le temps est frais, mais c’est agréable de reprendre les vélos après quelques jours d’abstinence. Nous roulons notre dernière matinée sur les routes de la Croatie. Déjà nous commençons à voir apparaître des petits changements dans le paysage qui nous donne un avant goût de la suite. A 14h, après une longue montée, nous arrivons à la frontière du Monténégro. Au poste frontière de Croatie, on nous demande les passeports avant de nous les rendre quelques secondes plus tard sans un regard ni un sourire. Quelques mètres plus loin, la différence est flagrante. Le garde frontière nous accueille avec des « Bravissimo ! Bienvenito ! », et un grand sourire jusqu’aux oreilles.

Ici, en arrivant au Monténégro, nous sentons énormément l’influence italienne. Premièrement, les gens parlent presque tous italiens, ils nous encouragent et nous sourient tous en nous tendant leur pousse. Ensuite les villes sont vivantes, les gens discutent aux terrasses de café, se baladent… Ça fait donc un gros contraste par rapport aux villes désertes de la côte croate. Le soir, nous installons la tente face à la mer entre la ville et le port de commerce. La vue est splendide et nous assistons à un beau coucher de soleil. Le lendemain, nous reprenons la route vers l’Est. Rapidement le vent se lève et nous souffle dans le nez. Nous avons le choix entre continuer et faire tout le tour de cette grande baie, ou prendre le ferry en 5 minutes plus tard se retrouver de l’autre côté. Vu le vent, le choix est vite fait. Nous nous retrouvons donc sur l’autre rive, prenant la direction du sud et avec cette fois ci le vent dans le dos. A quelques kilomètre de là nous découvrons un autre aspect du Monténégro : la « riviera russe ». Nous passons le long de ports ultra modernes bordés de palmiers et d’immeubles aux immenses façades vitrées.

Lors de la pause pique nique, un homme fait demi-tour en voiture pour venir nous féliciter et embrasser les garçons. Ca fait plaisir et nous redonne du baume au cœur. Nous nous arrêtons l’après midi pour planter la tente aux pieds des montagnes entre nature et détritus. A 15h, le soleil passe derrière la montagne et une heure plus tard il fait nuit. Il fait bien froid ce soir et nous nous réfugions sous la tente. Le matin, la tente et les sacoches sont toutes gelées. Le froid du soir n’était pas qu’une impression. Nous attendons que l’air se réchauffe un peu pour repartir. Quelques kilomètres plus tard, pause obligatoire, mon pneu est à plat. Un Gros fil de style barbelé, est rentré de 3cm à l’intérieur de mon pneu. Une bonne rustine et ça repart. Nous découvrons maintenant le vrai visage du Monténégro avec ses côtes et ses descentes à répétition. A Budva, une femme nous arrête au bord de la route pour offrir des mandarines aux garçons.

La côte est montagneuse mais magnifique. Par contre, les entrepreneurs ont commencé à bétonner la côte, et les constructions pullulent de plus en plus sur les flans de montagne. Heureusement, encore de nombreux coins de nature subsistent et nous trouvons ce soir un superbe lieu sous les oliviers pour admirer le coucher du soleil sur la mer.

Ce jeudi 7 décembre, nous partons tranquillement le matin. Nous nous arrêtons à la première station essence pour faire le plein. Eh oui nous ne consommons pas autant qu’une voiture, mais notre réchaud brûle quand même de l’essence. 1Litre tous les 15 jours, ça reste raisonnable ! Nous profitons de la station service pour se connecter au wifi et se mettre à jour dans nos mail. D’autres ont eu la même idée que nous et nous nous retrouvons au hasard Angel, Mat et Joana, la famille de cycliste (un tour d’un monde sur facebook). Nous décidons de continuer un peu ensemble pour finir la traversée du Monténégro. La journée s’enchaîne dans la bonne humeur entre longue montées et grandes descentes, plage et montagne. Le soir, après avoir traversé la ville de Bar, nous cherchons un lieu où dormir, mais la situation s’avère plus difficile que prévue. Les bords de route sont tous construits où trop abrupte. Après une montée courte mais très intense, toujours pas de lieu ou camper. Angel et Mat vont demander à un habitant si on peut planter la tente devant chez lui. Rapidement, on nous ouvre un grand garage ou dormir au chaud. Les gens nous invitent chez eux a boire le café. Ils sont adorables, mais nous avons un peu de mal à communiquer. Ils ne parlent que croate et allemand. Du coup, Mélanie sort sont carnet de croquis et nous pouvons échanger à coup de dessins.

Le lendemain, nous finissons notre montée bien raide. Maintenant, il n’y a plus qu’à descendre pour atteindre l’Albanie. Nous sentons déjà une grande différence. Cette partie du pays est musulmane et beaucoup plus pauvre. Peu avant la frontière, nous croisons Valérie, une française qui est sur la route du retour. Elle nous conseille une auberge en Albanie où s’arrêter car il prévoient de la pluie pour le lendemain. Arrivé à la frontière, on nous fait passer devant et après un tampon rapide sur les passeport nous voilà dans un nouveau pays l’Albanie. Dès les premiers mètres, le dépaysement est total. Des gens se promènent en charrette tirées par des mulets. Lors de la pause pique nique, une dame nous interpelle pour nous donner des kakis et des grenades. Elle veut même nous donner un chien !

Ici, nous avons l’impression d’avoir quitté l’Europe et de se retrouver au Maroc. La route est toute défoncée, les poules, les ânes et les vaches se promènent sur la route et la mosquées côtoient les églises. En arrivant à Skhodra, la grande ville du Nord de l’Albanie, nous suivons le grand boulevard jalonné par des boutiques de ferrailleurs/soudeurs, des vendeurs de toutes sortent de pièces détachées et des laveurs de voiture. Nous passons le vendredi soir et toute la journée du samedi à l’auberge en attendant que le beau temps revienne. Nous rencontrons Marion, une française qui part en vélo vers le Lac Baïkal, ainsi que 3 belges, Lola, Elisabeth et Gilles qui rejoignent Athènes. Cette ambiance d’auberge espagnole, nous rappelle des souvenirs de notre voyage en Afrique. Nous ne voyons pas passer ces deux jours en compagnie de toute cette bande de cyclistes francophones.

Dimanche matin, tout le monde s’en va plus ou moins dans la même direction mais chacun à son rythme. De notre côté nous avons tout notre temps pour aller à Tirana où des colis devraient nous arriver. Le voyage lent va pouvoir commencer !

10 commentaires

  1. Vous nous donnez toujours du rêve avec l Albanie auquel vous faites un voyage en arrière avec ses charrettes …
    Magnifiques photos et bonne continuation pour votre voyage.
    Mme Jourdainne d Elbeuf

  2. Merci pour ce nouvel épisode qui nous fait bien voyager avec vous! Les photos sont vraiment belles et l’ambiance semble sympathique. Vous voilà pour de bon dans le dépaysement ! J’espère que la météo sera cool avec vous pour les semaines à venir, déjà qu’il ne fait pas chaud…. Plein de bisous à chacun! Marion

  3. MERCI pour tous ces beaux reportages et photos qui nous font voyager …. derrière notre écran !!!!!
    le magnifique coucher de soleil, en fond d’écran, nous permet de rêver.
    Bon courage et bonne continuation.

    les sancerrois

  4. Ca fait du bien de vous lire plus enjoué.
    On sent dans les messages que ça va qd meme mieux qu’en Croatie.
    Hate que vous ouvriez vos colis 😍
    Biz les amis 😙

  5. Les adjectifs vont bientôt manquer pour qualifier votre voyage ! Vous allez pouvoir ouvrir une agence de voyage pour cyclotouristes!quelle précision dans les descriptions. Bon en résumé la Croatie pas top!Bonne route avec vos 2 mascottes ! Bisous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *