De Ouahigouya à Natitingou (Burkina-Faso – Bénin)

Quelques jours d’arrêt dans la ville de Ouahigouya, nous permettent de découvrir ce nouveau pays, le Burkina-Faso. En venant du Mali, le changement est radical, surtout après avoir traversés les hordes de guide du pays Dogon. Ici, la musique est omniprésente et les gens très accueillants. Les rapports avec la population sont simples et francs. C’est vraiment agréable. Nous profitons de cette pause pour participer à une messe. C’est que du bonheur ! L’ambiance est festive, et tous dansent en chantant « gloria » et en frappant des mains. Dans cette église, contrairement aux messes françaises, on ne peut pas s’endormir.

En reprenant la route, le temps est très bizarre. Pendant 3 jours, un brouillard nous empêche de voir à 100metres et le soleil apparaît dans le ciel comme un disque blanc. Ça fait très ambiance de film et à certains endroits on pourrait même se croire en Normandie. Le brouillard avec l’herbe blanchie par la poussière nous donne une impression de gelée matinale. Seule différence, il fait prés de 40 °.

Quand nous traversons les villages, les enfants nous applaudissent en chantant. Il faut dire qu’on pourrait nous confondre avec la course cycliste, le « tour du Burkina », lorsque 20 vélos nous suivent comme un peloton. Cela nous donne la pêche et nous retrouvons un rythme plus soutenu de 60 à 70 kilomètres par jour. Il faut dire que nous avons retrouvé le bitume et que le vent nous souffle dans le dos. C’est vraiment appréciable ! De plus, nous nous dopons aux mangues et aux jus de bissap à longueur de journée.

Le 8 mars, au Burkina, la journée de la femme est fériée. Enfin en théorie ! Les hommes écoutent les beaux discours pendant que la plupart des femmes travaillent au marché. Heureusement, certaines se sont fait belles pour l’occasion et souhaitent une bonne fête à Mélanie. Le lendemain, nous entrons à Ouagadougou, la capitale. Elle ressemble à toutes les grandes villes africaines et grouille comme une fourmilière. Les voitures, les taxis, les motos, les vélos, les piétons, les vendeurs ambulants qui portent sur leurs têtes de tout et de n’importe quoi…. A tous les coins de rues, les grosses enceintes crachent de la musique à plein tube. Les bars, appelés maquis, pullulent aussi et on peut y boire toutes sortes d’alcool. Ça change du Mali ! Au niveau fruits et légumes, on trouve de tout et même des fraises au grand bonheur de Mélanie. L’ambiance est très sympa et festive. Seuls aux abords de la mosquée, les vendeuses sont un peu insistantes et nous attrapent par les bras pour nous amener de force à leurs étalages. Nous les envoyons balader comme nous savons maintenant bien le faire.

Nous profitons de cette semaine de repos pour interneter, avancer notre future projet de retour en ……., et discuter avec les gens du campement. Nous passons nos soirées à papoter avec des burkinabés, des français, un belge, un polonais, un hondurien, etc, en buvant des bières burkinabaises.

A partir de ce moment là, notre programme est assez flou. Cela va dépendre de … (que de suspens !). Après une semaine à Ouagadougou, nous décidons donc de partir en direction de Fada N’Gourma et du Bénin. La route est quasiment goudronnée tout du long , et le vent ne se fait pas trop ressentir. Nous avançons donc correctement. Après quelques jours de route, nous ralentissons la cadence car Flo à mal au ventre. Sûrement une petite indigestion ! Le paysage est un peu monotone, mais les gens sur la route très sympas. Nous sommes tout le temps suivis par des groupes de cyclistes intrigués. Il faut dire que le Burkina est le pays du vélo. On en croise des centaines par jour. L’après-midi, quand nous avons planté le camp, les habitants viennent souvent nous voir. Ils sont surpris de nous voir ici, mais ne nous demandent jamais rien. Ça fait plaisir ! Un soir, un homme nous offre même des mangues.

Après avoir fait le plein de courses à Fada, nous prenons plein sud, la route du Bénin. Nous longeons une réserve naturelle et les villages se font de plus en plus rares. Un soir, nous croisons un jeune homme, Oumarou, qui revient de la chasse avec son frère. Il est collégien et il nous explique qu’il voudrait venir faire ses études en France. En discutant, nous apprenons que l’école est payante, ainsi que les examens, l’uniforme, les fournitures, etc… Ses petits frères n’auront pas la chance d’aller à l’école car leurs parents ont besoin d’eux au champ. Le lendemain, Oumarou revient avec une poule qu’il veut nous offrir. Nous refusons poliment. On nous à déjà fait le coup une fois !

Plus nous descendons vers le sud, plus nous prenons notre temps. Nous nous arrêtons souvent dans la matinée pour boire un coca dans un maquis ou un jus de bissap. Néanmoins nous avançons bien. Nous retrouvons une famille qui voyage en camion et que nous avions croisé à Casablanca. Que le monde est petit ! Un jour, au bord de la route, une femme casse la chaîne de son vélo. Flo lui répare, elle répare avec un grand sourire et son bébé dans le dos. Ça fait chaud au cœur !

Mercredi 23 mars, nous passons la frontière du Bénin. Le paysage change petit à petit et devient de plus en plus verdoyant. La température, elle aussi augmente et nous transpirons toute la journée. Même la nuit, il fait encore très chaud et nous suons à grosses gouttes en essayant de trouver le sommeil. Nous croisons dans la journée des babouins et des patasses (des singes oranges et blancs avec une longue queue).

Après les toubabs, les toubabous et les blancs, ici nous sommes les « yovos ». Dès que nous traversons les villages, les enfants nous chantent : « yovo, yovo, bonsoir, ça va bien , merci ». C’est tout mignon ! Les villages sont un peu différents. Ils sont constitues de maisons rectangulaires avec des toits en tôles ondulées, de quelques cases, et de greniers à quatre pattes pour conserver le mil. Les paysages sont magnifiques et nous arrivons rapidement aux montagnes de l’Atacora. C’est tout à fait les paysages de livres sur l’Afrique mais en vrai. C’est verdoyant avec de beaux rochers rouges et même des cascades. Nous renouons ainsi avec de vraies côtes. Ça fatigue mais ça décrasse. La deuxième nuit au Bénin, un orage éclate. Ça faisait longtemps ! L’atmosphère qui s’était bien réchauffée ces derniers jours, se rafraîchit. Cela nous présage une bonne saison des pluies avec de la boue.

Avant d’arriver à Natitingou, alors que nous pédalons, un instituteur nous propose de parler du tourisme à ses élèves. L’échange s’avère très enrichissant. Nous leur parlons du voyage, des autres pays traverses, de la France, des « toubabs cadeaux », …Ce qui ne les empêche pas de nous demander à la fin : « donne moi tes chaussures ». Le 25 mars, nous arrivons dans la ville de Natitingou où nous décidons de nous arrêter un peu pour commencer à découvrir le Bénin.

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