De Chiang Rai à Muang Say (Thaïlande – Laos)

Mardi 21 Mars, après trois jours de pause, nous quittons un peu à regret notre auberge. Il faut dire que nous nous sentions très bien, au calme avec la piscine et de superbes pancakes banane-chocolat pour le petit-déjeuner. Nous quittons la ville pour nous rendre à quelques kilomètres au nord de Chiang Rai, au plus grand Bouddha assis de Thaïlande (qui est en fait la représentation de la déesse de la miséricorde). En arrivant sur place c’est assez impressionnant. Premièrement, ici tout est très bien organisé, parking scooter à gauche, parking taxi en bas… et tout est clean. Ca fait un peu bizarre. Ensuite, même si ça peut faire penser un peu à Disneyland, ça vaut vraiment le détour. Le Bouddha tout blanc est orné de sculptures dans tous les sens. On peut même monter à l’intérieur avec un ascenseur pour admirer la vue de là haut. En plus, dans les étages, il n’y a pas un espace de vide, les murs sont remplis de déesses et de paysages, le tout entièrement blanc. En redescendant, nous profitons des restaurants gratuits pour se régaler avec une soupe de nouille.

Nous reprenons ensuite la route pour le Nord-Est. Il commence à faire bien chaud et nous décidons de nous arrêter pour la journée sous une cahute au milieu des rizières. C’est beau c’est calme, mais il y a pas mal de moustiques.

Le lendemain, un Thaïlandais à vélo, nous accompagne sur une dizaine de kilomètres. Il travaille dans une ferme aux alentours et fait partie du réseau Warmshower. Nous rencontrons un peu plus tard deux hollandais à la retraite qui arrivent du Laos. Nous prenons pleins de conseils et continuons notre route. A midi nous nous arrêtons sous un bel abri car il doit pleuvoir… mais rien. En fin de journée, un homme vient nous voir pour nous offrir du maïs et deux ananas. Puis il repart comme si de rien était. L’après midi se passe tranquillement entre guitare, carnet de bord et école pour les enfants.

Le jour suivant, nous quittons un moment les rizières pour grimper un peu dans la montagne. Un homme avec son vélo tout pourri nous suit tranquillement. Il ne parle pas un mot d’anglais mais il à l’air content d’être là. En redescendant dans la plaine du Mékong de l’autre côté, il est toujours la ! A chaque pause il s’arrête, repart et nous attend 500m plus loin. A midi, il s’invite à manger avec nous. Ca nous fait un peu bizarre car un Thaï ne se serait jamais invité comme ça. Mais bon c’est comme ça. En milieu d’après midi il nous quitte enfin pour retourner chez lui. Nous passons notre dernière nuit en Thaïlande dans un bel abri, nous avons même l’électricité et la lumière.

Samedi 24 mars, de bonne heure le matin, nous rejoignons, après 20km, la frontière qui nous sépare du Laos. Arrivée à la sortie de la Thaïlande, nous apprenons qu’il faut prendre un bus pour passer le no man’s land de 3km qui nous sépare du Laos. Il est tout simplement interdit de traverser le pont au dessus du Mékong à pied ou à vélo. Nous sommes un peu dégoûtés car il faut enlever toutes les sacoches pour 5minutes de bus. Nous démontons tout, un coup du bus et nous remontons tout de l’autre côté. Nous tirons des sous au distributeur et allons faire la demande de visas. C’est un peu long à remplir pour les 4 passeports et en plusieurs exemplaires, mais on finit par y arriver. Un quart d’heure après nous avons nos passeports tamponnés pour un mois. Ca y est nous sommes au Laos.

Nous prenons la direction de la petite ville à 10 kilomètres de là. Sur la route nous achetons de quoi manger. Il y a pleins de plats que nous ne connaissons alors nous en achetons pour tester tout ca a l’heure du pique nique. Ce n’est pas une grande réussite : du poisson tout mou qui ne sent pas très bon, des petits plats qui pique tellement qu’après une bouchée, on n’en peu plus. Nous essayerons de faire mieux la prochaine fois. En début d’après midi, nous trouvons une auberge, nous négocions un peu le prix, mais c’est un lieu de passage des touristes et nous payons quand même le prix fort.

Le lendemain, nous nous rendons au bord du Mékong pour pendre un bateau vers Pak Beng. Les bateaux sont magnifiques et nous chargeons les vélos sur le toit du « slow boat ». Le bateau se rempli rapidement et exclusivement de blancs. C’est un peu bizarre de se retrouver dans cette ambiance. Nous n’avons plus l’habitude. Le trajet lui est très agréable. Il fait bon et les paysages sont magnifiques. Nous croisons quelques pêcheurs et des buffles qui viennent se rafraîchir dans l’eau. A 17h, nous arrivons à destination. C’est un arrêt obligé pour tous les touristes qui continuent leur trajet le lendemain. A peine un pied hors du bateau et nous sommes assaillis par une horde de rabatteurs qui veulent tous nous vendre la meilleur nuit d’hôtel et bien sur la moins chère. Ca ne nous intéresse pas, mais surtout nous nous sentons oppressés. Nous descendons les vélos du bateau et les montons jusqu’en haut des escaliers. Ensuite, nous partons à la recherche d’un lieu ou dormir. L’affaire s’avère assez compliquée car à part les villages il n’y a rien. A l’entrée d’un village, nous trouvons un lieu abrité. Nous demandons si nous pouvons nous y installer. « Non, non pas possible », on nous répond. Après quelques palabres et l’aide de Google traduction, la jeune femme comprend enfin. « Oui, oui bien sur, installez vous là ». Nous avons une place de choix. La terrasse et surélevée et surplombe la rivière. C’est magnifique, un peu brumeux mais magnifique. Après notre repas traditionnel de nouille du soir, nous allons nous coucher. Le lendemain nous partons de bonne heure pour ne pas déranger. Mais au bout de 5 minutes la pluie commence à tomber. Dans le village suivant, une famille nous invite à venir s’abriter sous leur maison. Rapidement tous les voisins sont là pour nous regarder et rire avec nous.

Depuis que nous sommes au Nord du Laos, le changement a été radical avec la Thaïlande. Ici les gens sont beaucoup plus pauvres et c’est beaucoup plus rustique. La plupart des maisons sont en bois ou en feuilles tressées, seulement certaines maisons ont l’eau et les sorties des villages sont de vraies déchetteries. Les gens eux nous saluent tous « Sabaïdi » et les femmes deviennent même hystériques en voyant les garçons. Elles les regardent, les touchent, les malaxent… De vrais héros, même si c’est assez compliqué pour Loan qui n’aime pas trop que les gens le touchent. Pour les jeunes c’est tonnes de selfies avec les garçons, il doit y avoir des centaines de photos d’eux sur Facebook maintenant. Dans de nombreux villages, on entend aussi de la musique qui vient d’une cahute ou d’un garage où les jeunes danse et picolent de la bière du matin au soir. C’est joyeux mais un peu triste aussi !

Quand la pluie finie par se calmer, nous quittons tous ces gens adorables. Mais au bout de 5 minutes, rebelote, la pluie revient de toutes ces forces. Heureusement, nous avons investi dans des parapluies et nous nous cachons dessous. Quand c’est un peu moins fort, nous allons trouvé un abri. Une fois la pluie véritablement terminée, nous reprenons la route. Nous croisons pleins de petits villages. C’est vallonné, mais c’est super beau et verdoyant. Par contre, en ce moment, c’est la saison des brûlis, les gens brûlent les champs pour les fertiliser. Du coup, le ciel est brumeux du matin au soir. Au niveau du camping, ça s’avère beaucoup plus compliqué qu’en Thaïlande. Du coup, en fin de journée nous allons demander à l’école si nous pouvons dormir là. La maîtresse, qui a du croire que nous cherchions un hôtel, nous dit que ce n’est pas possible. Heureusement, il y a un temple un peu plus haut où nous allons demander l’hospitalité. Cette fois-ci aucun problème. Nous sommes accueillis par trois enfants moines qui nous observent discrètement sans trop oser. Nous montons la tente sous l’avancée du temple. C’est très sympa et nous sommes vraiment au calme.

Le lendemain matin, le grand moine vient nous voir pour nous offrir du riz, du foie et de la viande. C’est vraiment adorable. Par contre, l’information a du circuler dans le village et c’est le défilé des hommes, puis des femmes. Ils n’ont pas du avoir souvent autant du monde au monastère. Une fois les affaires rangées, la pluie se remet à tomber. Nous attendons une accalmie pour partir. A 10h ça se calme vraiment et nous pouvons partir. Aujourd’hui, nous n’irons pas très loin. A 3 kilomètres de là, nous trouvons un superbe abri. Ils ont encore prévu de la pluie, nous n’hésitons donc pas longtemps avant de s’arrêter. Les enfants en profite pour mettre un peu à jour leur carnet de bord et nous pour prévoir un petit peu la suite. Mélanie qui commence à être malade, une angine, essaie aussi de se reposer.

Les journées qui suivent se passent tranquillement. La route est toujours aussi vallonnée et défoncée. Environ tous les 50 mètres, la route se transforme en piste, avant de redevenir goudronnée. Nous grimpons bien à 1000m d’altitude environ, mais à notre grand étonnement, ça se fait super bien. Au niveau trafic, c’est plutôt tranquille. Il y a très peu de voitures et une sur deux est chinoise. Il faut dire que nous ne sommes qu’à une centaine de kilomètres de la Chine et qu’il y a pas mal de commerce ou de trafic, on ne sait pas toujours très bien ! Sur les petits marchés, on trouve de tout ou plutôt rien : des écureuils morts, des rats grillés, des « singes-volants », enfin pleins de trucs qui ne nous donnent pas vraiment envie.

Vendredi 30 mars, nous arrivons dans la petite ville de Muang Say où nous nous arrêtons deux jours. Ici il n’y a pas grand chose à faire, c’est juste une ville de passage et de vendeurs de téléphones chinois. Maintenant nous reprenons tranquillement la route vers le Nord et le Vietnam où deux beau cols à 1200m nous attendent…

11 commentaires

  1. Bonjour à vous quatre, des récits toujours extraordinaires…que d’aventures et quelle richesse de partages. Bref, j’espère que Mélanie va soigner son angine, et que vous aurez la forme encore pour continuer ce grand périple. Bises.

  2. Des jolies photos et beaucoup de compagnie autour de vous,décidément la pluie est active partout sur le globe nous pas une journée sans pluie depuis Noël.
    Toujours beaucoup de plaisir d’avoir de vos nouvelles et partager le voyage.les garçons sont tellement mignons il font craquer les laotiennes.
    Gros bisous à tous les quatre
    Catherine

  3. Bonjour les cousins
    Donc si j’en crois la première photo du reportage, celle des panneaux routiers, vous avez traversé une région où il reste encore des tyrannosaurus rex… J’espère que vous n’en avez pas croisé. 🙂
    Merci pour ces récits de ces pays traversés avec leur peuple, leur coutume qui dépaysent tellement. Quel courage pour vos bouts de choux, vraiment chapeau bas.
    Bisous les cousins

  4. Bravo pour ce nouvel article de votre grand journal, illustré ce qui le rend encore plus intéressant.
    Bonne continuation sur cette belle route

  5. Coucou 👋, toujours de belles photos avec un récit les accompagnant qui nous fait voyager un peu avec vous. Meme, soigne toi bien… Plein de bisous à tous

  6. Merci mille fois pour le partage toujours aussi agréable …….
    Les enfants sont très courageux,nous pouvons les remercier aussi car leur participation fait rêver les grands et les petits.
    Bisous bisous 😊😉

  7. ravie de suivre votre périple toujours emouvant et avec de belles rencontres .super les photos , j éspère que ton angine est guérie depuis ce récit, bonne route à vous et à bientôt pour la suite bisous à vous quatre

  8. Bonjour à tous,

    Tout d’abord, j’espère que Mélanie se rétablit vite !
    Pour le passage de la frontière, mon raisonnement s’est donc révélé juste : vous n’avez pas pu traverser le pont à vélo.
    On vous l’avait dit : en quittant la Thaïlande pour le Laos, vous avez changé de planète et reculé dans le temps.
    Mahousses costauds, les mômes ! Je n’en reviens pas de tout ce qu’ils font, incroyable !

    ps : la grande statue blanche ce n’est pas Bouddha mais Gua Yin, le bodhisattva chinois

  9. Merci pour ces belles photos qui nous font voyager. Encore pas mal de difficultés mais certainement beaucoup de bonheur de voir venir ce Vietnam tant désiré. Mille bisous et à plus loin…..

  10. Super! nous suivions assez régulièrement votre périple soit sur le site soit à travers les commentaires d’Anne Marie! Magnifique! C’est vrai que nous ne vous avons pas adressé beaucoup de message de soutien et que je m’aperçois que vous allez être bientôt de retour avant que je vous mette un simple commentaire! Serez vous de retour pour le mariage de Yoann ? Vous avez l’air d’avoir gardé une pêche d’enfer malgré des étapes pas toujours aussi faciles que l’on voudrait!
    A bientôt et bravo à vos deux loustics!!

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