De Chiang Mai à Chiang Rai (Thaïlande)

Samedi 10 mars, nous remontons enfin sur nos vélos. Ca va faire 2 semaines que nous n’avons pas pédalé et déjà les coups de pédales commençaient à nous manquer. Malgré notre départ de bonne heure, nous avons un peu de mal à avancer. Nous nous arrêtons tous les 200m pour faire des courses chez les marchands en bord de route. Une fois c’est pour des belles mangues, une autre pour des concombres et des tomates ou encore des brochettes de poulet grillées ou frites.

Nous empruntons la grande route en direction du Nord. Il y a des temples tous les kilomètres, chacun rivalisant de dorures ou de magnifiques décorations. En fin de matinée, nous quittons la route principale qui devient bien trop bruyante pour nous, pour les derrières bien plus calme. Avant de nous arrêter, nous passons dans un marché couvert. Ici, il y a de tout ! Bien sur plein de fruits, de légumes, de la viande et du poisson mais aussi des insectes grillés et des gaufres, des culottes, des chinoiseries en plastiques, et des pesticides…

En milieu d’après midi, nous cherchons un lieu pour dormir. Ici, le camping n’est pas dans les mœurs et nous ne savons pas trop à quoi nous attendre. Du coup, nous nous installons à côté d’un stade de foot. Nous demandons à un homme qui à l’air plus ou moins le responsable qui nous dit qu’il n’y a aucun problème. Le soir nous dînons devant le match de foot avant d’aller nous coucher sous la tente.

Le lendemain, nous continuons les petites routes le long des canaux, des champs de manguiers et de bananiers. C’est très agréable ! Nous décidons de quitter la plaine pour éviter la route principale. Rapidement nous nous retrouvons dans la forêt à monter de belles côtes. Mais au moins c’est calme. En fin de matinée, des panneaux indiquent une cascade à 3km de là. Il commence à faire bien chaud et nous prenons, sans trop d’hésitations sa direction. Arrivé sur place, il y a pleins de monde, autant des touristes que des thaïlandais. Avant d’aller voir la cascade de plus près, nous demandons si nous pouvons camper. Encore une fois, pas de problème, et on nous montre un endroit où nous serons bien. Après manger nous allons voir la cascade. C’est en fait beaucoup de cascades qui se suivent et se croisent. Mais le mieux, c’est qu’il y a des cordes de partout pour grimper ou descendre les cascades. Loan et Milio se régalent et sautent partout. C’est un peu un accrobranche aquatique. En fin de journée, c’est un bonheur, nous sommes les seuls et nous pouvons grimper et tester toutes les parois. En retournant à la tente, le garde forestier nous informe d’un risque de pluie et du coup nous proposent de nous installer dans une petite cahute qui surplombe la forêt. En effet, la pluie et l’orage ne tardent pas et tout est rapidement mouillé. Heureusement nous sommes au sec.

Nous repartons le lendemain de bonne heure. Le paysage est très joli et assez sauvage. Nous croisons pas mal de petits villages avec quelques maisons. Puis d’un coup derrière un champs, une immense statue de Bouddha au milieu de nul part. C’est un peu irréel, mais très impressionnant. Depuis notre départ, nous prenons un nouveau rythme. Nous partons tôt pour s’arrêter de pédaler vers 11h puis si nous sommes motivés ou que le lieu ne nous convient pas, nous repartons pour rouler une heure ou deux avant la nuit. C’est ce que nous faisons ce soir. Nous trouvons un abri avant la tombée de la nuit dans un champs de manguiers. Au loin un karaoké résonne jusque tard dans la nuit mais ne nous empêche pas de dormir.

Mardi 13 mars, nous traversons la petite ville de Phrao où nous en profitons pour remplir nos sacoches de fruits et légumes. Nous nous arrêtons vers 11h, car il fait vraiment trop chaud pour pédaler. Sous le préau, nous avons de l’eau et de l’électricité, le top. Les garçons en profitent pour faire leurs devoirs et faire des origamis. Mélanie de son côté continue à faire des aquarelles. Nous repartons en fin d’après midi pour quelques kilomètres seulement. Nous trouvons un lieu parfait où s’abriter. Nous ferons bien, car nous auront de la pluie cette nuit.

Le lendemain, nous nous étions préparé, nous avions une grande côte… mais nous ne nous attendions vraiment pas à ça ! Ce n’est plus vraiment une montée, mais un mur qui se dresse devant nous. Impossible d’avancer sur les vélos, il faut pousser. Nous poussons tant que nous pouvons, avant d’aller aider les enfants qui se mettent à deux pour pousser un vélo. On monte, on redescend, on remonte… Rapidement nous n’en pouvons plus ! Nous sommes crevés et avons mal au bras. Les pauses se font de plus en plus proches, tous les 100m, les 50, les 10m… En voulant poser mon vélo contre la barrière de sécurité, vue la pente celui-ci glisse en arrière et je sectionne mon tuyau de frein avant. C’est des freins hydrauliques, donc a voir si on peut les réparer ? Au bout de 3h de vélo et seulement 6km, nous arrivons enfin en haut en disant tous en cœur « plus jamais ça ! ». La descente et tout aussi raide et avec un seul frein j’ai du mal à ne pas dévaler la pente. Une fois en bas … « Noooonnnn » !!! Ca remonte. Pas aussi raide mais presque. Et rebelote, nous poussons nos vélos, descendons… Heureusement, c’est bien moins long et la côte se transforme doucement en plat puis en vallée vallonnée. En récompense, nous trouvons un lieu magnifique où mettre la tente sous une petite cahute, avec des bananier à côté. Nous passons l’après midi à jouer au UNO en mangeant des bananes en étudiant les cartes pour éviter au maximum les prochains dénivelés.

Le soir, une fois couchés, une voiture se gare sur la route et des lampes de poches se rapprochent doucement de nous. Je saute dans mon pantalon et sort de la tente pour voir à qui nous avons à faire. C’est un garde forestier qui vient nous proposer de dormir chez lui. Il appelle sa sœur pour faire la traduction en Anglais car il ne comprend que le thaï. Nous lui expliquons que les enfants dorment et que nous n’avons pas trop envie de tout plier et ranger maintenant. Au bout de 20 minutes,il s’en va, pas totalement convaincu de notre explication. 5 minutes plus tard nous nous écroulons.

La journée suivante est bien plus cool. Pas de côtes et des petites routes de campagne. Le soir sur le GPS du téléphone, nous apercevons une piste qui peux nous éviter 700m de dénivelé. Elle longe la rivière Kok et à l’air de rejoindre la route de l’autre côté. Nous ne nous posons pas longtemps la question, et nous voilà dès 10h le lendemain sur cette piste. Au début elle est bien large comme prévue et nous croisons des petits villages et pas mal de 4×4. Ca roule très bien malgré les bosses. Un peu avant midi, nous arrivons à l’endroit critique : la piste se transforme en petit chemin tout défoncé. A chaque montée, nous poussons les vélos. C’est un peu fatigant mais nous préférons ces 5 kilomètres de pistes que le haut col. En plus c’est magnifique le long de cette rivière, c’est sauvage, calme, et beau. Nous croisons quelques scooters, ce qui nous rassure sur l’état de la piste et surtout qu’elle débouche bien quelque part. Nous pique niquons à l’ombre au bord de l’eau, pendant que les enfant essayent de pêcher avec leur belle canne à pêche. Nous ne repartons pas trop tard car nous ne savons pas trop ce qui nous attend. La piste continue sur les mêmes bases et les côtes s’accentuent mais ça avance. Vers 16h, nous sentons quelques gouttes. Ca fait du bien, ça rafraîchit. Mais rapidement ça se met à tomber de plus en plus. Sur le GPS, il nous reste 1km seulement et nous décidons d’aller jusqu’au bout avant de s’arrêter. Au début, c’est plutôt agréable, mais rapidement le vent se lève, et les éclairs et le tonnerre s’y mettent aussi. La pluie est diluvienne et nous dégoulinons de partout. Au bout d’une demi heure, la piste se transforme en patinoire de boue. Les freins ne servent plus à rien dans les descentes et nous tombons les un après les autres. Nous grelottons, mais la délivrance n’est pas loin, nous apercevons le gué qui annonce la fin de la piste. Mais surprise avant le gué, il faut descendre un vrai toboggan de boue sur 3 ou 4 mètre de haut. Ca n’a l’air de rien mais même en se mettant à 2 par vélo, nous nous retrouvons tous allongés dans la boue. Finalement j’emploie la méthode simple et forte. Je fonce tout droit avec le vélo pour arriver le plus rapidement en bas. Le premier essaie avec mon vélo n’est pas très concluant. Je me retrouve en bas dans la boue avec 2 sacoches arrachées. Pour les autres rebelote, mais au moins tous les vélos sont en bas. Milio est en pleurs, il a froid, le tonnerre et les éclairs le font trembler. Loan aussi n’en peut plus et a du mal à s’arrêter de pleurer. Nous passons le petit pont de bois qui sert de gué. A 100m nous trouvons un abri où tout un groupe d’ados s’est regroupé en attendant une accalmie. Ils nous font une petite place autour du feu pour se sécher. C’est un vrai bonheur de partager ces moments avec eux. Petit à petit, nous séchons et nous reprenons nos esprits. 30 minutes plus tard la pluie s’arrête enfin. Nous trouvons une école à 500m à peine, mais elle est déserte car c’est les vacances scolaires en ce moment en Thaïlande, et nous mettons la tente sous le préau. Nous passons tous à la douche et les habits à la lessive. Les vélos et les sacoches attendrons, mais en regardant ma roue voilée, je remarque que la jante est en train de se casser en deux. Il n’y a plus qu’à espérer que ça tienne jusqu’à Chiang Rai, la prochaine ville. La journée a été dense en événements mais nous sommes content d’être là.

Le lendemain, belle surprise, après la piste nous rejoignons la route qui est parsemée de grosses bouses et un peu plus loin de grosses traces de pas. Des éléphants !!! Les enfants et Mélanie sont fous de joie. On regarde à droite à gauche et nous tombons enfin sur une place au bord de la rivière où il y a une dizaine d’éléphants. Loan et Milio sautent partout et leur donne même à manger. C’est une bonne surprise mais bien mérité. Un peu plus loin sur la route, nous croisons Georges un retraité qui nous indique une Guest House à Chiang Rai avec piscine. Nous n’hésitons pas longtemps et nous y allons de ce pas. Après une pause « grosse pluie », nous arrivons sur place. Le cadre est super sympa et pas cher du tout avec une piscine au pied de la chambre. Nous décidons de rester quelques jours pour nous reposer un peu, faire la chronique, la vidéo, écrire les cartes et réparer les vélos.

Ca nous fait un bien fou et nous passons nos soirée à papoter avec Georges et Pierre, deux français super sympas. Maintenant nous prenons la direction de Chiang Khong pour passer au Laos. Encore quelques jours pour profiter de ce beau pays qu’est la Thaïlande.

10 commentaires

  1. Quel magnifique reportage ! Quel courage pour les acteurs de cet épisode humide thaïlandais…Échec et lego…bel équilibre…ils ont la tête et les jambes…ils sont vitaminés avec les fruits et les légumes thaïlandais. Bravo pour la ténacité de l’équipe…et encore merci de nous faire découvrir la Thaïlande…big bisous à vous

  2. Heureusement qu’il y de belles surprises, de bonnes choses à manger, des p’tits coins charmants pour planter la tente, la piscine, le summum, tout ça vaut bien un bain de boue, euh ! enfin pas trop souvent qd même. J’espère que tu trouveras a changer cette jante !! A plus loin…..

  3. Vous êtes passés par des moments éprouvants!! Après l effort un réconfort bien mérité. Bon courage pour la suite et un peu de chance pour ne rien casser d autres!!!
    Bisous a tous les 4.

  4. Encore un récit plein d’aventures parfois difficiles mais des belles consolations,le plaisir dans les cascades super tous ces fruits.merci pour ce partage gros bisous 😘 😘😘😘 Catherine

  5. Que vous êtes courageux avec ces côtes et la gadoue !
    La récompense de rencontré des paysages , architecture et des animaux qu’on voit qu’aux cirques ou aux zoos.
    Bonne continuation
    Mme Jourdainne d’Elbeuf

  6. Salut les aventuriers ! Dis donc ca donne drôlement envie vos photos et récit, ça à l’air splendide, sacrément dépaysant, et bien accueillant. C’est super et ça fait plaisir de savoir que vous êtes heureux dans ce voyage. Gros bisous depuis les Guibertes ! 🙂 Marion

  7. Ce qui est fou, ce sont les épreuves par où sont passés Loan et Milio sur cette piste le long de la rivière Kok. Je la connais, en fin de compte c’est plus facile à moto ! Je ne connais pas le lieu où vous avez photographié la statue géante d’un moine. En tout cas, chapeau à tous, et surtout… ON THE ROAD AGAIN !!!

  8. J’ai visité le Laos en 2005.Magnifique pays.Il faut voir Vientiane la capitale actuelle, Luang prabang pour voir le musée national ( l’ancien palais royal ).Si vous le pouvez, cap au sud vers le plateau des boloven et Champassak, l’île de khone.Vous verrez comme ce pays est beau et ses habitants d’une extraordinaire gentillesse.

  9. Vous êtes de grands aventuriers. Félicitations à vous quatre pour le courage et les beaux reportages que vous nous faites vivre. Si vous rentrez en France plus tôt que prévu ce que vous aviez l’air de laisser entendre Mélanie serait elle prête à reprendre les cours des enfants du Chevalet du Roumois ? les enfants du cours n’attendent que ça. Bonne continuation pour la suite et bisous à vous quatre. Jacques Régine et tout les membres du Chevalet.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *