De Menton à Crémone (Italie)

Mercredi 4 octobre 2017, 10h30, nous faisons nos derniers coups de pédales en France le long de la mer et nous voilà rapidement au poste frontière. Ce dernier est encore bien gardé par l’armée italienne qui fait impression plus qu’autre chose. Ca y est nous sommes en Italie. Nous avons maintenant l’impression que le voyage va vraiment commencer. Nous passons une succession de tunnels, ce qui nous évite pas mal de côtes. Après quelques kilomètres, nous arrivons à Vintimile. Dans tous les parcs, les bancs sont remplis de migrants qui attendent sûrement un passeur pour venir en France. Nous continuons le long de la plage en direction de St Rémo. Rapidement, nous retrouvons une grande piste cyclable qui remplace l’ancienne voie ferrée. Il y a même de longs tunnels, tous éclairés, juste pour les vélos. Les enfants sont ravis ! Niveau campement, ici, c’est comme sur la côte d’azur, pas moyen de mettre la tente, tout est construit de bout en bout. Du coup, nous optons pour les camping. Le premier à St Rémo est une bonne surprise. C’est le grand luxe ! douches et toilettes avec musique, très propre, jeux pour les enfants, avec trampoline… Il y a même des petites douches toutes colorées pour les enfants. En arrivant , ils nous offrent un pot de pesto artisanal et le lendemain, les enfants sont couverts de cadeaux : 2 peluches « coccinelle » à l’éfigie du camping, des bananes pour ranger leurs affaires, des crayons de couleurs et 4 petites gourdes en alu. Nous repartons contents de cette première étape italienne.

Nous pédalons encore une demi journée sur les pistes cyclables avant de retrouver la grande route du bord de mer. Ca monte pas mal, puis redescend, un peu de plat le long de la plage puis rebelote toute la journée. A Impéria, c’est la grande ville. Heureusement, un italien en scooter nous indique de le suivre et nous amène aux pistes cyclables le long de la mer. Nous évitons ainsi la circulation et de belles côtes ! Les jours suivants, nous trouvons d’autres campings et nous profitons de ces haltes pour découvrir un peu la gastronomie italienne : pizzas, raviolis, soupes au pesto et bien sur les bonnes pâtes au parmesan.

En Italie, dans toutes les villes et les villages, il y a des jeux pour enfants, du coup nous nous arrêtons tous les midi dans ces espaces pour pique-niquer. Les enfants, soit disant fatigués, s’en donnent à cœur joie. Du coup, l’après midi est souvent plus compliqué pour eux, après s’être bien dépensés, la reprise du vélo est un peu dur. Heureusement, les italiens n’hésitent pas à nous encourager à coup de klaxon, de pousse tendu ou de « Ciao ! Bravissimo bambini ! ».

Arrivés à Savone, les choses se compliquent. Nous devons remonter plein nord pour passer la partie sud des Alpes et rejoindre la plaine du Pô. Nous avons choisi de remonter à cet endroit car c’est là qu’il y a le moins de dénivelé (500m d’altitude) et il y a sur notre GPS un itinéraire cyclable, du moins une véloroute qui évite le trafic. Une fois la ville traversée, avec déjà de belles montées, nous nous retrouvons sur une toute petite route très jolie mais surtout très pentue. Au bout de 100m, nous passons un panneau « Attention côte à 20% ». Nous avons beau essayer de la monter sur la plus petite vitesse, mais nous mettons vite pied à terre. Je ne sais pas si vous voyez ce que ça représente une côte à 20%, mais déjà avec un vélo de course c’est dur, mais avec un vélo chargé c’est impossible. Du coup, nous poussons nos vélos, redescendons pour pousser les enfants. Nous avons espoir que la côte se calme un peu, mais c’est peine perdue. Çà monte, ça monte, ça monte… Nous faisons des pauses tous les 200m et redescendons chercher les enfants. On se motive mutuellement en se disant qu’une fois en haut ça redescend et qu’ensuite se sera plat, mais c’est dur. Les jambes ont du mal à suivre. Au bout de 2km, un italien s’arrête à nos côtés. Nous avons un peu de mal à comprendre ce qu’il nous dit, mais nous finissons par saisir qu’il propose de prendre les vélos des enfant dans sa remorque car il y a encore un bon kilomètre de rude montée. Du coup nous chargeons les vélos de enfants et de Mélanie dans la remorque et les 3 montent dans la voiture. Je continue tout seul la côte en espérant que ça se termine le plus rapidement possible. Je suis obligé de m’arrêter régulièrement pour reprendre mon souffle et boire un peu d’eau. Finalement, je vois Mélanie qui redescend avec son vélo vide pour m’aider sur la dernière partie en prenant deux sacoches. Une fois en haut, nous n’avons qu’une envie, nous poser mais l’endroit n’est pas idéal. Après une bonne pause, nous enfourchons nos monture pour aller se poser quelques kilomètres plus loin. C’est presque plat, on a l’impression d’avancer tout seul. Il faut dire qu’on est monté à 400m d’altitude en seulement 3km. Nous trouvons enfin un endroit au bord de la route pour nous poser. Ce n’est pas top mais ça fera l’affaire.

Le lendemain, les jambes un peu engourdies, nous décidons de changer d’itinéraire et d’aller récupérer la grande route sur quelques kilomètres pour passer le col. C’est un peu moins sympa, mais au moins ça grimpe tranquillement. A 11h nous sommes enfin en haut, nous n’avons plus qu’à descendre tranquillement jusqu’au fleuve Pô. Nous traversons des zones complètement sinistrées, d’anciennes mines à l’abandon ou presque entourées de cités ouvrières à moitié délabrées. On se croirait à certain moment dans des films de fin du monde, d’apocalypse. Les 2 jours de descente se font bien, la grande route n’est pas trop passante, les côtes assez limitées et nous trouvons des lieux agréables où dormir. Mais nous avons besoin de jours de repos car les côtes nous ont usées et nous n’arrivons pas à récupérer.

Maintenant que nous avons quitté la côte, les campings se font de plus en plus rares et à cette saison la plupart sont fermés. Heureusement avec internet, nous trouvons un camping, village de vacances au nord d’Alessandrie. Sur le site, on nous annonce une grande piscine, des jeux pour les enfants, du wifi… avec de belles photos à l’appui.(www.valmilana.it/fr). Une fois sur place, c’est la déception ! Ca à l’air fermé, voir même abandonné. La piscine est verdâtre et les jeux pour enfants tous rouillés. Nous sonnons quand même et un italien totalement antipathique vient nous voir. « Une momento ! ». On hésite à repartir mais nous avons besoin de repos. 5 minutes plus tard, sa femme vient nous ouvrir et faire les papiers. Je suis un peu dépité, j’avais promis aux enfants qu’on allait se poser quelques jours, mais ça ne me donne vraiment pas envie de rester. L’avantage, nous sommes tranquille, car nous sommes les seuls ! Mélanie en profite pour faire une grande lessive et faire faire les devoirs aux garçons. Le soir, l’homme toujours aussi antipathique vient nous rendre nos passports. Je lui demande pour le Wifi, mais il n’y en a pas. J’essaie de lui demander pour les douches car il faut des jetons. Après plusieurs demandes pour qu’il parle un peu plus lentement pour que je comprenne, je vois qu’il n’y a rien à faire et il s’en va sans que j’ai aucune réponse. Du coup se sera douche au lavabo.

Nous repartons le lendemain de bonne heure. Nous passons les dernières côtes et rejoignons enfin la plaine du Pô. A la pause barre de céréales, un homme vient nous voir, Carlo Lenti. C’est un artiste photographe. Il nous invite à venir voir chez lui. Il a des maquettes d’avions et un drône pour faire des photos aériennes, des tableaux et de grandes photos dans tout son sous-sol. Il nous offre un livre sur lui, sur ses œuvres, des belles photos du coin et nous donne des bouteilles pour faire le plein d’eau. Il nous indique un lieu le long du Pô à 2 kilomètres où il faut absolument aller. Avant de partir il nous dit avec un grand sourire « Les gens ici disent que Carlo est un peu fou, mais vous aussi vous êtes fou. Mais c’est bien d’être un peu fou ! ».

Nous suivons ses conseils et allons pique-niquer au bord du Pô. L’endroit est en effet idyllique. Grande plage de galet avec le fleuve qui serpente à côté. Finalement, nous restons l’après midi à nous reposer, peindre pour Mélanie, jouer à la PSP pour les enfants et jouer de la guitare. Nous nous lavons dans la rivière puis, passons la soirée et la nuit sur place. Le lendemain, nous prenons un itinéraire qui longue le Pô sur de hautes digues. Une voiture s’arrête à nos côtés pour nous donner une carte avec les itinéraires cyclables du coin. C’est en fait le directeur et le président de la réserve naturelle qui très gentiment nous indiquent la meilleur piste à suivre. Les routes sont très agréables, avec peu de voitures au milieu des champs. Le soir, nous mettons un peu de temps à trouver un lieu où dormir. Nous essayons de trouver des camping ouverts, mais rien. Des auberges pas trop chère, mais rien non plus pour s’arrêter quelques jours. Le lendemain, après une nuit sur une propriété privée où la nuit n’est du coup pas très sereine, les enfants en ont un peu marre. Ils sont surtout fatigués et n’avancent plus. Un coup c’est Loan, un coup Milio. Ils râlent, on râle, on s’énerve, on essaie de leur expliquer qu’on fait de notre mieux pour trouver un endroit où se reposer, mais qu’on a pas le choix, il faut aller jusqu’à Crémone. On est tous fatigués. Heureusement, nous prenons le relais pour se soutenir quand le coup de blues est là. Nous décidons donc samedi 14 octobre de faire une grosse journée par la grande route pour atteindre un camping. Les enfants ont retrouvé la pêche et à midi nous avons dejà fait 40km. Nous arrivons à 15h après 63km, un record, devant le camping. Ici tout est automatisé. On tire une carte magnétique à l’entrée et on paie pour sortir. Il n’y a que 3 camping car et le lendemain, nous nous retrouvons seuls dans ce grand camping. Nous en profitons pour nous reposer, et visiter la ville. Crémona est très jolie, colorée et très agréable à vivre. Des pistes cyclables partout, de grands airs de jeux et de sport, un grand centre piéton animé, des ruelles parsemées de maisons multicolores et la cathédrale d’une architecture riche mi romane mi gothique. Maintenant, nous reprenons nos forces pour la prochaine étape, Venise.

16 commentaires

  1. Bravo….courage qd c’est difficile….mes pensées vont vers vous pour cette tellement belle aventure…profitez bien de Venise où il fait si bon se promener..à pied….des boujou normands

  2. Merci. Nous vous félicitons pour vos prouesses sportives. Nous vous suivons régulièrement et même sommes avec vous en pensées (coquine) avec les Parents… après avoir vue vos vidéos sur la tablette, nous vous avons regardé sur le grand écran des Parents qui gèrent ça comme des pros. Pleins de bisous

  3. Des passages difficiles,mais des belles rencontres.
    Marc a dit 20% des pros ont mis pieds à terre.
    😘😘😘😘 courage vous êtes forts

  4. Bienvenue au club !!!!
    cet été en vacances à Belle Ile en Mer, nous aussi avons emprunté une côte à 20 % et comme vous vélos chargés (un peu moins !) avons marché ………. à côté de notre vélo !!!
    Bon courage pour la suite et MERCI pour ces beaux reportages et magnifiques photos.

    Les Sancerrois

  5. tellement heureuse de lire votre aventure; je dévore chaque mot et me projette comme si j’y étais! bon courage! bisous à vous et a mes p’tits loups de la crèche!

  6. Quel bonheur de vous lire et de voir vos photos .
    (Un peu fou )c est vrai mais si plein de courage 🚴💕.
    Bravos les bambins 😃 , aux prochaines nouvelles 👍
    BISOUS à tout les 4 .

  7. J’attends avec beaucoup d’impatience vos écrits vidéos et photos !!!!! Très admirative de ce que vous avez entrepris!!!!! Plein de courage à vous 4.

  8. Encore une fois, époustouflée ! Papa joue de la guitare, maman fait de jolies aquarelles, quelle énergie ! Bon courage et gros bisous les petits

  9. Bonjour toute la famille,
    j’admire beaucoup votre “Tour de monde”. Tous les reportages sont très intéressants et ils montrent votre facon de vivre , de voyager et surtout votre facon d’élever les enfants.
    Pour eux ca donnera une grande impression de toute leur vie en avenir.
    J’ai trouvé votre site par votre parents Anne-Marie et Bernard Soum.
    Moi aussi je suis un cycliste enthousiaste et après l’entrée dans la retraite j’ai fait des grands tours de vélo, surtout en France. En 2014 un grand boucle en France (2 mois) et à cette époque-là j’ai fait la connaissance de Anne-Marie et Bernard comme membre d’organisation Servas. Et aussi cette année en printemps ma femme et moi sont roulés en France pour 6 semaines à vélo et sont allés voir votre parents. Nous avons eu le plaisir d’écouter Bernard en chantant dans sa chorale à Montpellier.
    Dommage, vous ne roulez pas par l’Allemagne, nous aimerions beaucoup vous héberger.
    Peut-être une autre fois !
    Je vous souhaite en avenir beaucoup des rencontres aimables, des paysages merveilleux et aussi le bonheur qui est nécessaire pour ce grand projet.
    Je me rèjouis déjà des nouvelles !

    Bonne chance !

    Werner Gärtner
    Wolfsburg
    Allemagne

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