De Laayoune à Nouhadibou

Vendredi 28 Octobre, nous rencontrons Samuel, un jeune cycliste hollandais, qui descend comme nous au Burkina Faso. Nous partageons avec lui un pique-nique rudimentaire en toute simplicité. C est agréable de rencontrer quelqu’un qui voyage comme nous. Nous espérons le retrouver plus tard sur la route. Inch allah ! Nous prenons nos billets de bus pour Dakhla, pour rejoindre au plus vite la frontière car notre visa pour la Mauritanie expire le 4 novembre. Il nous reste tout de même plus de 950 kms. En attendant le car, nous rencontrons Youssef, un jeune marocain de 18ans. Nous discutons avec lui tout l’après midi et le soir, il nous nous invite a rompre le jeune avec ses frères. Tout d’abord, une datte comme Mahomet, puis un thé à la menthe, de la harrira (soupe marocaine), et plein de sucreries. C’est un régal !

Au moment de charger nos affaires dans le bus (il faut dire qu’on en a quand même beaucoup, plus les vélos), le conducteur veut nous faire tout peser et payer en plus pour le surpoids. Heureusement, Youssef négocie et nous finissons par payer 100dhs (9 euros). C’est avec de grands au revoir à Youssef que nous quittons Laayoune. Le trajet se fait de nuit, mais nous ne pouvons pas dormir car toutes les heures nous avons le droit à un contrôle de police. Nous arrivons enfin à Dakhla à 6 heures du matin et allons directement au camping. Ne trouvant pas de voitures qui puissent nous emmener à Nouhadibou en Mauritanie, nous décidons de continuer sur nos vélos

Nous repartons le lendemain. Malheureusement les quarante premiers kilomètres nous avons un fort vent dans le nez et a midi nous sommes rinces. Nous avons très peu dormi les nuits précédentes et sommes à bout de force. Finalement nous reprenons nos montures et heureusement prenons la route du sud avec l’Alizé dans le dos. Le soir, après 90kms, nous nous arrêtons exténués. Alors que la nuit tombe et que nous préparons notre dîner, nous apercevons une ombre marchant au bord de la route. C’est un slovaque qui voyage en auto-stop jusqu’à Madagascar avec juste son sac de couchage. Il se dirige vers la prochaine ville qui malheureusement pour lui se trouve a plus de300kms et aucune voiture ne passe. Nous l’invitons donc à partager notre soirée.

Pas de chance Florent attrape la tourista. Après deux cachets ça se calme mais son estomac lui fait mal. A chaque pause, il doit s’allonger car rester debout devient trop pénible. Nous n’en pouvons plus, mais avançons quand même Nous sommes seuls sur cette route et n’avons pas d’autre choix que de continuer. La route tourne et une longue montée nous fait face. Nous avons le vent dans le nez et nous y laissons nos dernières forces. De plus, il nous faire 120kms par jours pour arriver a temps a la frontière

La encore une fois, notre bonne étoile se lève au dessus de nos têtes. Ce sont deux marocains qui nous proposent de nous emmener à la prochaine station service. Le coffre est plein, mais nous arrivons tout de même à caser nos vélos Sur la banquette arrière, nous nous entassons avec les sacoches. Sur 150kms, nous nous reposons et reprenons ainsi quelques forces. Après midi, nous faisons tout de même 20 km avant de nous poser. A 17heures, Florent dort déjà.

Le lendemain, une longue journée nous attend. Nous décidons de rejoindre Nouhadibou d’une traite et d’en finir avec ce désert qui nous tue à petit feu. Le vent dans le dos est la et a midi, après 80kms, nous atteignons le poste frontière marocain. Les formalités sont rapides et nous nous retrouvons dans le « no man’s land » : une piste ensablée de 3 km. Bien sur, nous ne prenons pas la bonne piste et nous nous retrouvons dans le sable mou, les vélos enfonces jusqu’aux sacoches avant. Nous trimons a deux par vélo pour les faire avancer mètre par mètre. De plus, a 13heures le soleil tape vraiment fort et nous dégoulinons de sueur. Au bout d’une heure et demi de galère, nous retrouvons enfin le bitume et le poste frontière mauritanien (une petite cabane en bois). Pour nous achever, on nous apprend qu’il nous faudra faire renouveler nos visas car le 4 novembre, il expire. Si nous avions su, nous l’aurions pris sur place.

Enfin, nous atteignons la Mauritanie mais la journée n’est pas fini, Nouhadibou est encore a 50kms. Nous peinons et avançons au ralenti. Nos jambes ne veulent plus nous pousser. Enfin a 18heures, après 10heures de vélo et 140kms, nous arrivons. C’est un bordel monstrueux, les voitures, ou plutôt les épaves, roulent dans tous les sens. Il y en a, à droite, à gauche, à contresens, bref de partout. Par bonheur, nous arrivons au camping. Deux couples de français que nous avons croisé dans le désert, nous offrent l’apéro et le repas. Nos efforts sont bien récompensés. Le soir, nous nous écroulons dans une chambre sur de bons matelas, en repensant à nos 5212 km déjà pédalés. Ah, ça c’est agréable ! Et maintenant repos.

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